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13/09/17 Les portes de la mode s'ouvrent progressivement aux rondes

Le plus souvent ignorées du monde de la mode et des défilés, les femmes avec des formes poussent peu à peu les portes de quelques grandes maisons et font leur apparition sur les podiums, soutenues par l'avènement des réseaux sociaux. C'est par le biais d'Instagram qu'Iskra Lawrence, mannequin britannique de 26 ans qui affiche une taille 42-44, a accédé à la notoriété, devenant un modèle demandé.


Pour Lynne Webber, directrice opérationnelle de la marque Marina Rinaldi, qui propose des modèles "plus-size" (taille 40 et plus), les réseaux sociaux offrent « une voie de communication beaucoup plus démocratique et ont donné de la visibilité à plus de types de femmes ».


Au Royaume-Uni, quelque 57 % des femmes sont en surpoids et aux Etats-Unis, la proportion atteint 63 %, d'après les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé. La taille moyenne d'une Américaine se situe entre 46 et 48. En France, selon une étude de l'Institut français du textile et de l'habillement (IFTH), ce sont près de 45 % des Françaises qui porteraient une taille 44 et plus.


Avec ses quatre millions d'abonnés sur Instagram, Iskra Lawrence est aujourd'hui l'égérie de la ligne américaine de lingerie Aerie, créée par la marque de prêt-à-porter American Eagle, et a défilé lors de la semaine de la mode de New York. Elle savoure ce succès, conquis de haute lutte. Elle se souvient notamment qu'il y a six ans, un agent londonien lui avait ri au nez en lui assurant qu'elle ne travaillerait jamais à New York.

Désormais reconnue, Iskra Lawrence entend utiliser sa célébrité pour lutter contre le diktat de la mode qui impose des standards inatteignables pour la plupart des femmes. Elle refuse ainsi désormais que ses photos pour des clients soient retouchées. Pour elle, le « concept même » est « une illusion », a-t-elle expliqué à l'AFP par téléphone avant de s'envoler pour une séance de prises de vues sur une plage d'Islande.


Les formes « ne sont pas des défauts », clame-t-elle. « Ce sont des parties de notre corps. Nous avons simplement été convaincus par la société et les médias que c'était un problème »...